Autochromes Lumière

Le laminage

Le laminage augmente la transparence du réseau
Un réseau constitué de grains de fécules dont les interstices sont obturés par du noir de carbone est très opaque et laisse passer moins de 10 % de la lumière incidente. On connaît, par la lecture des brevets, les solutions techniques mises en oeuvre par  Louis Lumière pour augmenter la transparence du réseau. La première, qui ne dépassera pas le stade expérimental, consiste à remplacer les grains de carbone par des fécules teintées extrêmement fines. La deuxième solution, qui sera retenue au stade industriel, réside dans l'écrasement des grains afin de les rendre plus jointifs, c'est l'opération de laminage.

Louis Lumière rapporte qu'au cours de ses recherches, il a accidentellement rayé avec son ongle le réseau de fécules. Il constate avec surprise qu'à l'endroit de cette rayure le réseau est beaucoup plus transparent. Aplanir les grains limite les phénomènes de réfraction tout en réduisant l'épaisseur du réseau. Par ailleurs, sous l'effet de la pression, les grains sont comprimés les uns contre les autres. La surface des interstices vacants, à l'origine de lumières parasites, est alors diminuée. Le laminage permet de multiplier la transparence par 1,5. Il reste à trouver le moyen de soumettre le réseau à cette opération sans que le support verre ne se brise. Louis Lumière se rend en Allemagne pour essayer dans le Wurtemberg la presse Hüber. Cette tentative restera sans succès. Louis Lumière conçoit une machine adaptée aux particularités du réseau autochrome.

Louis Lumière écrit que l'écrasement est obtenu : « au moyen d'un cylindre de 1,5 mm de diamètre sous forme de traces rectilignes tangentes successives ». Louis Lumière réussit à reproduire ainsi fidèlement le phénomène de rayure produit accidentellement par son ongle « sous forme de traces rectilignes tangentes successives ».

Lire la suite >>