Autochromes Lumière

Le laminage

La lamineuse
Une lamineuse est conçue à partir d'une raboteuse industrielle modifiée pour reproduire cette action d' « écrasement rectiligne » de façon continue. Ce modèle de raboteuses est courant à l'époque. On en trouve de semblables reproduits dans les encyclopédies de machines industrielles. La plaque à laminer est placée sur une semelle en acier régulièrement perforée. Une dépression d'air créée sous cette pièce maintient la plaque immobile. L'ensemble est lentement entraîné vers le « cœur » de la presse. Là, l'extrémité (environ 7 cm) d'une tige métallique, fixée horizontalement, est plaquée avec force sur la surface à laminer. Cette technique permet de limiter la surface de contact à une dimension de l'ordre du mm². La masse à appliquer sur l'aiguille pour obtenir une pression supérieure à 5 tonnes par cm² est réduite à quelques dizaines de kilos.

En 1905, un premier prototype fonctionne, suivi en 1907 par huit autres presses semblables qui seront en activité de façon continue à l'usine. Lors de la démolition de l'usine Lumière un spécimen a été miraculeusement conservé. Il a été placé dans le jardin de la maison d'Antoine Lumière (devenu le siège de la Fondation nationale de la photographie puis celui de l'Institut Lumière). Malgré l'œuvre destructrice du temps, il a été possible de la remettre en état et ainsi d'en comprendre le fonctionnement précis. Transportée à Paris cette dernière presse a été restaurée grâce à un financement du musée Albert Kahn (Conseil général des Hauts-de-Seine) avec le concours de la société Vannier-Photelec. Elle a été classée monument historique au titre du patrimoine scientifique et industriel en 1995.