Autochromes Lumière
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Une usine à la française

L'histoire a conservé le nom de nombreux employés dont le chef mécanicien de l'usine Moisson, Vernier, un contremaître, François Clerc, le jardinier du célèbre film Arroseur et Arrosé, Seyewetz, le responsable du laboratoire, Marius et Louis Goignet, Perrigot, Moussy et, bien sûr, les Doublier.
Les quatre enfants de la famille Doublier sont parmi les premiers et les plus fidèles employés des Usines Lumière. Des liens professionnels et affectifs vont se tisser sur plus de soixante-dix ans entre les deux dynasties. Gabriel Doublier Gabriel Doublier
Doublier, Gabriel, Lyon 3e, 8 mai 1883 - Lyon 9e, 21 nov. 1964

rentre d'abord comme apprenti dans l'atelier de mécanique de Charles Moisson. À son retour du service militaire, de 1900 à 1904, il est à Paris pour participer à l'exploitation du Photorama. Enfin, il est affecté à la production nouvelle des autochromes, service dirigé par Marius Perrigot à qui il succède en 1939.
Francis Doublier Francis Doublier
Doublier, Francisque dit Francis, Lyon 3e, 11 avril 1878 - Fort-Lee (E.U.) 2 avril 1948


est l'assistant de Charles Moisson lors de la première séance du Cinématographe Lumière, le 28 décembre 1895. Puis il en devient contrôleur opérateur à travers le monde. De retour en France, il gère la première salle de cinéma parisienne située 6, bd Saint-Germain. Francis quitte alors la France pour Burlington aux Etats-Unis où il installe en 1902, une succursale des Usines Lumière qui fermera ses portes en 1911.
Jenny Jenny
Doublier, Jenny, employée aux Usines Lumière née en 1870

et Philippine Doublier Philippine Doublier
Doublier, Philippine employée aux Usines Lumière née en 1874


sont employées aux Usines Lumière dès leur plus jeune âge. Philippine devient chef de service aux plaques, où, selon sa nièce, « elle savait se faire craindre et obéir par son personnel ».

Cet état d'esprit, cette « marque de fabrique » symbolise l'état d'esprit qui règne au sein des Usines Lumière. Le rédacteur du rapport de 1956 relève encore la très bonne organisation du travail, la compétence du personnel, un bon noyau « qui est depuis longtemps dans l'affaire et lui est très attaché. »

Ainsi, comme certaines usines existant toujours telles celles de Peugeot ou de Michelin, l'usine Lumière fut bien une usine à la française