Autochromes Lumière

De l'entreprise familiale à l'industrie

Les bâtiments de l'usine
En relevant les indications données dans le journal de La Construction lyonnaise, M. Marc Durand a pu retrouver le nom de certains des entrepreneurs qui ont construit les bâtiments parfois  nommés « hangar » ou « bâtiments d'usine ». Sans doute, bon nombre de travaux se réalisaient en interne (cf. films 40-I et II : Démolition d'un mur I et II du catalogue Lumière tournés en 1896).

Le rapport de 1906 du Crédit Lyonnais décrit l'usine ainsi :
« L'usine ... est située dans la banlieue de Lyon, au sud-est de la ville ... [Elle] couvre un rectangle de 150 m de long sur 75 m de large entièrement bâti en bordure sur quatre rues. Elle ne pourrait être développée dans aucune direction ... Un ordre parfait règne dans tous les services de la fabrication. »

Les ateliers de fabrication
Le service de la fabrication des plaques photographiques comprend alors :
- un atelier pour la réception, la vérification, le découpage et le nettoyage des lames de verre. Cet atelier est éclairé à la lumière du jour. Une machine spéciale « fabrication maison » découpe les laies de verre. Ensuite, ces bandes de verre passent au nettoyage mécanique afin d'obtenir la meilleure adhérence possible de l'émulsion.
-  un atelier pour la coulée de l'émulsion sensible ;
C'est un atelier obscur, éclairé par des bougies, 20 mètres de tapis roulant entraîne chaque bande de vitres sous un entonnoir pour le coulage de l'émulsion. La couche d'émulsion se prend en gelée. Il faut ensuite compter 18 heures de séchage.
-  un atelier de séchage et de découpage ;
-  un atelier d'empaquetage des plaques finies et de conditionnement en caissettes.

 Le service des papiers photographiques comprend 2 ateliers :
-  l'atelier de la fabrication du papier à noircissement direct ;
-  l'atelier de la fabrication du papier à développement (papier au bromure d'argent).

L'outillage optimise la main d'oeuvre
[Il existe aussi] un atelier commun aux deux fabrications comprenant les machines à découper, les tables d'emballage. Dans les publicités de l'époque l'usine est dite « à vapeur » avec ses deux machines actionnant dynamos, ventilateur et climatiseurs. L'agent de la banque note l'excellence du matériel de l'usine qui s'étend alors sur 12 000 m2 et est dite ne pas pouvoir s'étendre. Nous savons que l'outillage a été conçu par les Frères Lumière de façon à optimiser la main-d'oeuvre. « Les machines continues sont d'un modèle à la fois très simple et très perfectionnées ... inventées comme les précédentes par les Frères Lumière et d'un excellent type » note le rapport de banque de 1906.