Gabriel Veyre, l'aventure marocaine

La vie de Gabriel Veyre est intimement liée aux débuts de la photographie en couleurs
Né en 1871 dans l'Isère, Gabriel Veyre suit des études de pharmacie à Lyon. En 1895, les frères Lumière inventent le cinématographe et cherchent des opérateurs pour promouvoir leur invention. Jeune diplômé, Gabriel Veyre est recruté dés 1896. Sa mission : faire connaître le cinéma à travers le monde en réalisant les premiers films et en les projetant. En 1898, les frères Lumière mettent au point le procédé photographique aux mucilages bichromatés aussi appelé trichromie. Gabriel Veyre est également chargé de promouvoir ce nouveau procédé de reproduction des couleurs en organisant dans le monde entier des projections d'épreuves photographiques. En 1901, il devient le photographe du sultan du Maroc. Le jeune sultan Moulay Abd el Aziz, après s'être essayé au dessin et à la peinture, s'éprend de l'art photographique. Il cherche un expert. « Pourquoi pas moi ? L'occasion était excellente de voir un pays nouveau, plus mystérieux et plus fermé encore que tous ceux que j'avais parcourus jusque-là. Ma candidature fut posée. On m'agréa. Je partis. C'était au commencement de 1901 » (Extrait du livre de Gabriel Veyre, Dans l'intimité du sultan, 1905). Dès son arrivée au palais de Marrakech, Gabriel Veyre installe son atelier. Le sultan Moulay Abd el Aziz est âgé d'une vingtaine d'années et veut tout connaître, du maniement du vérascope aux mystères de la chambre noire, jusqu'à la magie « des clichés aux trois couleurs ». C'est ainsi que Gabriel Veyre initie à la trichromie le jeune sultan qui réalise quelques éclatants portraits de ses femmes. L'effet des clichés aux mucilages bichromatés est saisissant mais le procédé, trop compliqué, est vite abandonné par les frères Lumière.

Gabriel Veyre fut l'un de plus fervents ambassadeurs de l'autochrome
Dès la commercialisation de l'autochrome en 1907, Gabriel Veyre, trouve dans la lumière du Maroc une source inépuisable d'inspiration. Au palais de Marrakech, il photographie sans relâche la vie animée de la cour, les proches du sultan, ses femmes, mais aussi les scènes de la vie quotidienne dans les ruelles de Fès et de Marrakech. A l'époque, il est également correspondant pour le journal L'illustration qui lui commande un reportage en couleurs sur la présence française au Maroc. C'est ainsi que le général Lyautey et son état-major défilent devant son objectif.

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