Autochromes Lumière

La Première guerre mondiale

La Section photographique de l'armée
La Section photographique de l'armée (S.P.A.) est créée au printemps 1915 par décision conjointe de trois ministères : le ministère de la Guerre, le ministère de l'Instruction publique et des Beaux-arts et celui des Affaires étrangères. Les photographes recrutés pour être des opérateurs militaires sont tous des professionnels, issus des maisons photographiques rattachées à la Chambre syndicale de la photographie. Les reportages qu'ils réalisent sont commandités par le ministère de la Guerre ou du Grand quartier général, qui leur délivrent des ordres de mission précis. Ils travaillent avec leur propre appareil et utilisent principalement trois formats de plaques de verre : 6 x 13 cm, 9 x 12 cm et 13 x 18 cm. Sur le terrain, les opérateurs doivent se déplacer avec tout leur matériel de prise de vue, et une réserve de plaques de verre, fragiles et encombrantes. Ils ne sont pas suffisamment mobiles pour travailler au plus vif de l'action militaire sans risquer leur vie. Leurs photographies immortalisent donc plutôt les à-côtés de la bataille. La production de la Section photographique de l'armée représente plusieurs dizaines de milliers de plaques de verre négatives conservées à l'Établissement de communication et de production audiovisuelle de la défense (E.C.P.A.D.) et à la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine. Il s'agit très majoritairement de plaques noir et blanc. Seuls quelques reportages ont été réalisés en couleur, sur commande spécifique ou sur l'initiative des photographes qui prennent parfois un ou deux autochromes en plus des clichés noir et blanc. La faible utilisation de l'autochrome par les photographes militaires s'explique par son temps de pose obligatoire, difficilement compatible avec les contraintes de la vie quotidienne au front.

Les opérateurs militaires
Parmi tous les opérateurs ayant travaillé pour la Section photographique, quatre seulement ont réalisé des plaques autochromes, comme en attestent les archives du service : Paul Castelnau, Fernand Cuville, Paul Queste et Albert Samama-Chikli. Paul Castelnau et Fernand Cuville travaillaient en parallèle pour le banquier Albert Kahn. Pour chacun de leurs clichés autochromes, ils effectuaient une seconde prise de vue à destination des Archives de la planète. A la fin de la guerre, le chef d'escadron Jean-Baptiste Tournassoud, devenu chef du Service photographique et cinématographique de la guerre (jusqu'à la dissolution du service en 1919), a constitué une collection d'autochromes à partir des clichés de la section et de sa propre production.

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