Autochromes Lumière

Jacques Lartigue, amateur curieux

La fascination des couleurs
L'année suivante, il réalise ses premiers autochromes. Il utilise un Nettel 6x13 pour plaques stéréoscopiques. Il se met en scène avec ses amis dans une partie de pêche et recrée les couleurs de l'arc-en-ciel. Il prend de magnifiques portraits de Madeleine Messager (devenue son épouse en 1919) dans des jeux d'ombres et de lumières. Il actionne le déclencheur pour se photographier dans son chandail orange dont il est si fier. Il exploite la transparence de la plaque de verre pour donner de la profondeur à ses images. Il se voudra toute sa vie un amateur et pourtant il imprime un style reconnaissable à nul autre. Il dépose ses épreuves dans un laboratoire spécialisé à Paris qui se charge du développement et du montage des plaques

« 16 février 1912
Dans l'escalier de la maison, je photographie le vitrail et, de la fenêtre de ma chambre, je prends la maison d'en face : mes premières photographies en couleurs ! avec l'appareil 6x13 prêté par Simmons, et les plaques autochromes Lumière. Il faut un pied et faire de la pose. Jour magique si ça réussit !... ??...  »


Le choix de l'instantané
Le 26 juin 1912, il photographie le coureur automobile Georges Boillot au volant de sa Peugeot lors du Grand Prix de l'A.C.F. Il impressionne avec netteté le bolide filant à 180 km heure. Face à cette jubilation à capturer le mouvement, il constate peu à peu combien le procédé autochrome est incompatible avec cette nouvelle découverte. Quinze ans plus tard, malgré sa fascination pour la couleur, l'impossibilité de prendre des instantanés le décourage.

« Après 1927, je n'ai plus fait d'autochromes et je n'ai recommencé à prendre des  photos en couleurs que vers 1950 ».

Aujourd'hui, environ 80 autochromes stéréoscopiques sont conservées dans la Donation Lartigue.