Autochromes Lumière

La prise de vue

La mise en châssis
Le procédé permet d'utiliser le matériel disponible au début du siècle pour la photographie monochrome : les chambres en bois, les appareils plus légers destinés aux voyageurs, sans oublier les appareils panoramiques et stéréoscopiques qui connaissent un grand succès à partir des années 1870-80.

L'unique modification apportée à ces équipements réside dans l'emploi d'un filtre jaune. Il est placé devant l'objectif pour compenser l'excès de sensibilité aux radiations bleues de l'émulsion panchromatique panchromatique
Est sensible à toutes les longueurs d'onde du spectre visible, du violet au rouge inclus.
. La plaque doit être chargée à l'envers, par rapport au sens conventionnel.
De cette manière, le faisceau image traverse d'abord le réseau trichrome avant d'impressionner l'émulsion sensible. Le non-respect de cette indication se traduit par l'obtention d'une image monochrome, directement enregistrée sur la couche sensible.

Le temps de pose
L'absorption lumineuse du réseau trichrome, associée aux contraintes de la couche sensible, ne permet pas d'obtenir une sensibilité comparable à celle des procédés monochromes du moment. Avec un matériel ordinaire, une prise de vue réalisée par une belle journée d'été nécessite un temps de pose d'environ une seconde. « il en résulte que les appareils doivent être munis d'un pied, de façon à permettre d'exposer les plaques pendant un temps suffisant ».

Dans des conditions identiques, un photographe opérant en noir et blanc avec la célèbre plaque Etiquette Bleue extra-rapide fabriquée par les usines Lumière, peut prendre des instantanés, à main levée, au 1/50 ème ou au 1/100 ème de seconde. Ce manque de sensibilité constitue une limite à la diffusion des autochromes. Dans leur majorité, les photographes ne sont pas prêts à renoncer aux avantages que leur a apportés l'industrie photographique. Mais la lenteur du procédé contribue à installer une esthétique de l'autochrome qui puise ses références dans la photographie du XIXe siècle en y ajoutant le réalisme de la couleur.

Dans les années qui suivirent l'introduction du procédé, de nombreuses formules d'hypersensibilisation publiées dans la presse spécialisée, permettent d'améliorer la sensibilité des plaques. Parfois c'est au détriment du rendu coloré qui se trouve altéré par des dominantes.