Autochromes Lumière

De l'entreprise familiale à l'industrie

Les terrains de Monplaisir
Dès le 4 août 1882, Antoine Lumière voulant créer une véritable usine étant donné l'extraordinaire succès de l'Étiquette bleue avait loué dans le quartier de Monplaisir des édifices et des terrains de 40 ares rue Saint-Victor. Ce n'est que dans le courant du premier semestre de l'année 1890 que la société Lumière acquiert les terrains à Monplaisir, dont le 9 juillet 1890, pour la somme de 50.000 F. la parcelle appartenant à M.Galoffre. Les immeubles des usines comprennent alors une maison d'habitation à un étage, une autre à simple rez-de-chaussée, une construction (bureaux, écurie, remise et loge) et 5 petits bâtiments en bois et briques, des bureaux et une salle pour la machine à vapeur.

Le choix du quartier est intéressant

Hors de l'octroi, il échappe aux taxes sur le charbon, le verre, les produits chimiques mais est relié par le tramway à Bellecour depuis 1881. Dès 1885, Auguste peut joindre l'atelier de photographies grâce à une ligne téléphonique directe ... Nouveauté inouïe ... En décembre 1885, Antoine Lumière cède son atelier au photographe Jullien pour 30 000 F. Début 1886, la famille quitte alors définitivement la rue de la Barre pour s'établir dans une petite maison située chemin Saint-Victor à Monplaisir. Parallèlement, elle poursuit une active politique d'achats des terrains avoisinants. Petit à petit les ateliers Lumière vont recouvrir tout le quadrilatère compris entre le chemin Saint-Victor, la rue Saint-Maurice, le cours Gambetta et la place de Monplaisir.

L'entreprise familiale
Antoine s'occupe de la partie commerciale et des relations avec la clientèle à compter de 1886, comme nous le confirment les correspondances des Frères Lumière, les souvenirs familiaux et articles parus dans la presse. Auguste et Louis inventent les machines et tout le matériel lié à leur utilisation et créent un mobilier « intégré ». Ne nous y trompons pas, les ateliers garderont toujours une allure de bricolage. Il n'y a aucune enjolivure. Des employés travaillent dans des endroits apparemment très austères où les conditions de vie sont rudes même si les machines réfrigérantes et réchauffantes ou les régulateurs tentent d'y maintenir une température et une humidité constante. Les procédés de fabrication - à part le secret soigneusement gardé de l'émulsion de l'Étiquette bleue - ne diffèrent guère de ceux de leurs concurrents.

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