Autochromes Lumière

La représentation photographique en histoire naturelle

Un moyen objectif et rigoureux de décrire les espèces
Au Muséum national d'histoire naturelle, la photographie fut, presque dès son invention, perçue comme le moyen enfin objectif, rigoureux de représenter une réalité et donc de décrire scientifiquement les espèces. Elle permettait non seulement l'expertise mais la diffusion et la reproduction pour les cours et les conférences. Déjà largement utilisée dans la deuxième moitié du XIXe siècle, elle ne connut pas paradoxalement une expansion particulière avec l'apport de la couleur au début du XXe siècle. Dans l'état actuel des recensements, le fonds d'autochromes du Muséum est relativement modeste par rapport à l'ensemble des collections photographiques (465 autochromes sur 150 000 photographies).

L'autochrome, dans les collections de l'établissement, est surtout présent dans les travaux des voyageurs naturalistes, de paléontologie humaine et d'anatomie comparée avec en particulier des microphotographies. On trouve également des épreuves en couleur dans des fonds d'archives privées et dans quelques « fantaisies photographiques » d'inspiration picturale.

Louis Gain, naturaliste et climatologue
Pour illustrer ces points forts, le choix s'est porté tout d'abord sur les autochromes de Louis Gain (1883-1963) qui fut naturaliste et climatologue. Il donna 4 000 photographies, dont 192 autochromes, au Muséum probablement à la fin des années 50. Elles sont le témoignage d'une vie de voyages. Il part en expédition dans l'Antarctique avec l'illustre explorateur scientifique Jean-Baptiste Charcot (1867-1936) sur le Pourquoi pas ? entre 1908 et 1910. Puis il accompagne le prince Albert 1er de Monaco sur l'Hirondelle 2 dans l'Archipel des Açores. Il participe également à des campagnes en Afrique, en 1913, sur le Sylvana du Comte de Polignac. Et en 1914, il fait partie d'une mission au Turkestan avec son frère, Gustave Gain (1876-1945) chimiste au Muséum.

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