Autochromes Lumière

Antonin Personnaz, pictorialiste

Dès ses débuts de photographe, Antonin Personnaz rejoint la Société française de photographie dont il sera secrétaire général de 1911 à 1919. Il publie de nombreux articles dans les bulletins de la SFP et joue ainsi un rôle important dans la diffusion du procédé autochrome. En 1907, il écrit un article élogieux pour la présentation à la médaille Péligot la médaille Péligot

"La médaille Péligot est destinée à permettre à la SFP de décerner tous les deux ans, une médaille grand module à telle personne qu'elle en jugera digne pour service rendu à la photographie".
Elle porte le nom d'un célèbre chimiste, Eugène Péligot, professeur au Conservatoire national des arts et métiers et directeur des essais de la Monnaie. Il est élu membre de l'Académie des sciences en 1852, il sera le troisième président de la SFP de 1877 à 1890.

Péligot, Eugène Melchior, Paris, 24 février 1811 ? Paris 6e, 15 avril 1890

des frères Lumière. En 1910, à l'occasion du Congrès international de photographie de Bruxelles, il décrit la dimension artistique remise en question par quelques peintres dans un article intitulé L'esthétique de la plaque autochrome.

« Au reproche de « manque d'exactitude dans le rendu des couleurs », nous opposerons l'appréciation d'un grand nombre de peintres émerveillés de cette exactitude. Quand au reproche subtil de « manque de touches complémentaires », il n'est pas moins injustifié : il est aisé, en effet, de constater, la loupe à la main, dans les ombres des rouges, des points de fécule verts, dans les ombres des verts, des points de leur complémentaire rouge, et de même pour les autres couleurs ! »

Antonin Personnaz a une influence notable sur la production des amateurs autochromistes. Membre de sociétés photographiques amateurs, il projette ses épreuves ainsi agrandies et pleinement mises en valeur. La projection accentue la touche pointilliste des grains de fécules colorés. Elle redonne de la densité aux matières, marque les volumes et plonge le regard au plus profond des images. Edward Steichen, Alfred Stieglitz, Heinrich Kühn, le baron Adolphe de Meyer et bien d'autres pictorialistes à travers le monde sont également séduits par le procédé autochrome.  Mais l'autochrome fait aussi l'objet de débats animés au sein du mouvement. Frédéric Dillaye théoricien pictorialiste en donne l'explication lorsqu'il déplore que « les plaques autochromes fournissent les couleurs vraies de la nature mais mécaniquement et sans interprétation possible de notre part ». Avec la première guerre mondiale, c'est l'ensemble du mouvement qui décline.

Un an après sa mort en 1936, la collection photographique d'Antonin Personnaz est léguée par sa veuve à la SFP.