Autochromes Lumière

La fabrication des plaques pour la photographie des couleurs

En 1906, dans son procès-verbal de visite, l'agent du Crédit Lyonnais note :

« En résumé, la Société Lumière possède actuellement 5 usines, savoir :
1°/ une grande usine à Lyon-Monplaisir, pour la fabrication des plaques et papiers photographiques ;
2°/ une petite usine, récemment construite au voisinage de la précédente, et qui est destinée à la préparation des plaques pour photographie en couleurs, mais qui ne fonctionne pas encore ;
3°/ deux usines à Feyzin pour la fabrication des pellicules photographiques, des cinématographes et l'essai des différents procédés nouveaux ;
4°/ une usine à Burlington (États-Unis) pour la fabrication des plaques photographiques destinées à être vendues aux États-Unis.
... Les seules usines qui produisent des bénéfices sont la grande usine de Monplaisir (plaques et papiers photographiques) et les deux usines de Feyzin. »

En 1892, soit 15 ans auparavant lorsqu'est créée la Société anonyme des plaques et papiers photographiques Antoine Lumière et fils, cette dernière ne possède que l'usine de Lyon-Monplaisir et y exploite exclusivement, depuis 1886, des plaques et papiers photographiques. En 1895 et pour quelques années seulement vinrent s'ajouter les appareils cinématographiques et les bandes pelliculaires, puis en 1898 les pellicules photographiques. Cette dernière production fut transportée en 1902 à l'usine de Feyzin. En effet, dès 1907, la Société Lumière revient à la seule production des produits photographiques. Les Frères Lumière abandonnent définitivement l'exploitation du Cinématographe. D'autres tels Pathé ou Gaumont seront les véritables créateurs de l'industrie cinématographique française. « Le moulin à images » comme l'appelait Louis Lumière, n'est presque plus qu'un souvenir. Dans la saga des usines Lumière, le cinéma n'aura finalement joué qu'un rôle modeste dans la bonne santé financière  de l'entreprise. Par contre, chacun doit  reconnaître que cette invention participa infiniment à la renommée des produits Lumière. Pour le correspondant du Crédit Lyonnais cette fabrication ne présente « aucun intérêt » (le mot est lâché).

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