Autochromes Lumière

 La « petite usine » des couleurs

« Il m'a fallu sept ans d'efforts ininterrompus. Je n'ai rien fait d'autre pendant cette longue période ... Je n'ai jamais perdu courage » Louis Lumière

L'inventeur de l'Étiquette bleue est comme tous les photographes de son époque fasciné par la couleur. Il lit tout ce qui s'écrit sur le sujet et rentre en contact avec tous les inventeurs. De 1891 à 1894, il s'intéresse de très près à la méthode de photographie des couleurs mise au point par Gabriel Lippmann qu'il décide d'étudier afin de l'améliorer. Le 28 mars 1894, les deux frères reçoivent les palmes académiques, première récompense pour leurs travaux sur la couleur. Ils déposent en 1893, plusieurs brevets améliorant la synthèse des couleurs par sélections trichromes. Ils sont fournisseurs de plaques et produits pour la reproduction des couleurs. Mais Louis comprend vers 1894 que le procédé de Lippmann ne lui permettra pas d'atteindre à l'instantané, ni d'obtenir des tirages sur papier. Il explore alors une nouvelle piste : celle de la synthèse additive des couleurs. Il va y travailler sept ans.

Le brevet du 17 décembre 1903 décrit le principe
 « La présente invention a pour objet la préparation de plaques sensibles, donnant des images colorées à l'aide de manipulations simples, analogues à celles que l'on effectue pratiquement dans la photographie ordinaire en noirs. Ces plaques sont caractérisées par l'interposition, entre la couche sensible et le verre qui lui sert de support, d'une couche écran formée de grains colorés ... ».

La commercialisation ne commence qu'en 1907
La finalisation des procédés d'usines et les matériels de production sont difficiles à mettre au point. Elle demandait la construction d'un atelier : « la petite usine » du boulevard Gambetta signalée par l'agent du Crédit lyonnais, la création de machines adéquates et la formation d'un personnel spécialisé. Il fallait d'abord trouver de la fécule de pomme de terre de grains assez petits et en quantité suffisante. Les féculiers français ne produisent pas de grains assez fins (0,011 à 0,015 mm). Par l'intermédiaire de voisins, les Demure, Louis acquiert un moulin à Juré, dans les monts du Lyonnais où la pomme de terre abonde. Puis, à partir de 1912, il s'adresse à un fournisseur de Breuches-les-Luxeuil en Haute-Saône. Les grains de la fécule étaient triés à leur arrivée à Monplaisir.

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