Autochromes Lumière

L'âge d'or de l'autochrome

Cette petite usine ne fonctionne pas en 1906 ... En 1911, l'atelier des couleurs fait partie des avoirs de la Société Lumière. Usine où la minutie et la perfection artisanale donnent plus que partout à Monplaisir son libre cours. Le coût de l'autochrome, ce «jouet de l'élite» est élevé, 3 fois celui de l'Étiquette bleue environ. Les Lumière, toujours pratiques, vendront les boîtes de 4 plaques au même prix que les boîtes de 12 de l'Étiquette bleue.

Pourtant, le succès de l'autochrome fut immédiat

La production journalière des plaques aurait dépassé les 6000 en 1914. On ne peut pas dire qu'elles furent populaires car leur coût restait élevé, mais la simplicité du traitement de la plaque par le riche amateur joua en sa faveur : 3 opérations au total avec des lavages successifs pour obtenir une photographie en couleur très proche d'une peinture ... et qui, comme le tableau, n'était pas reproductible.
Ainsi, les imprimeurs utilisent d'excellents clichés trichromes à partir des autochromes. La revue l'Illustration obtint des plaques couleurs fidèles aux nuances de l'émulsion - ce qui imposa l'autochrome auprès d'un large public. La Société française de photographie et Léon Gimpel ont joué un rôle important lors de la divulgation et du lancement du procédé. En 1914, l'autochrome Lumière était le seul procédé de photographie des couleurs accessibles à tous. L'autochrome fut l'enfant chéri du chercheur qu'était Louis Lumière.

La 1ère guerre mondiale porte un coup fatal
Cette usine paraît avoir travaillé à plein rendement (paraît car les procès-verbaux manquent pour la période ou nous ne les avons pas encore retrouvés) jusqu'en 1914. Elle ne diffère pas des autres usines Lumière et elle est relativement modeste. La 1ère guerre mondiale va lui porter un coup fatal. À l'automne 1914, l'usine de Monplaisir doit fermer ses portes par manque de matières premières. Six mois plus tard les fabrications photographiques noir et blanc reprennent car l'Armée a besoin de plaques photographiques. Après la Première guerre mondiale, la production des autochromes ne retrouva pas le niveau antérieur et l'usine des couleurs ne fut jamais agrandie.

La fabrication d'autochromes a toutefois perduré jusque dans les années 30
Mais elle ne constituait plus à partir des années 20, une part importante du chiffre d'affaires de la Société. C'est dans les années 30 que la plaque de verre fut alors abandonnée au profit du plan-film. La société sortit le Filmcolor. Petit à petit les techniciens parvinrent à supprimer les grains de charbon bouchant alors les interstices du réseau de fécule coloré et on obtint le Lumicolor, qui fut le premier instantané couleur français. Il fut lui aussi créé et diffusé à partir de l'usine de Monplaisir. Jusqu'au bout, la Société Lumière fonda donc, comme Louis, des espoirs sur les procédés couleurs.

Monplaisir, Lumière, Couleurs : trois noms liés à jamais

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