Autochromes Lumière

Index des photographes

GADMER, Frédéric-Georges
3 décembre 1878, Saint-Quentin (Aisne) - 10 octobre 1954, Paris 15e

Né dans une famille protestante, son père, Léon, fils d'émigré suisse, est confiseur, et sa mère, Marie Georgine, née Melcher, est sans profession. Avant la Première Guerre mondiale, il suit sa famille à Paris et travaille comme photographe pour la maison Vitry, sise quai de la Râpée. Société d'héliogravure, elle réalise des travaux pour les sciences et les arts, le voyage et l'enseignement. En 1898, il effectue son service militaire comme secrétaire à l'état-major puis est rappelé en 1914 au moment de la mobilisation. En 1915, il rejoint la section photographique de l'armée nouvellement créée et effectue des photos sur le front, dans les Dardanelles, aux côtés du général Gouraud, puis au Cameroun.
En 1919, à 41 ans, il est embauché par Albert Khan comme photographe aux Archives de la Planète. Il y retrouve ses camarades de la section cinématographique et photographique de l'armée, Paul Castelnau et Fernand Cuville. Dès son arrivée, il effectue des reportages en Syrie, au Liban, en Turquie et en Palestine. Il est le premier à faire un portrait en couleur de Mustapha Kemal, leader des Jeunes Turcs. En 1921, il repart au Levant avec Jean Brunhes, le directeur scientifique des Archives de la Planète. La même année, il suit le général Gouraud, nommé haut-commissaire, en Syrie. Opérateur et photographe prolifique, spécialisé des contrées lointaines, il couvre l'Irak, la Perse, l'Afghanistan, l'Algérie et la Tunisie. En 1930, il accompagne le père Francis Aupiais au Dahomey. Il travaille aussi en Europe. En 1931, à la demande de Lyautey, il saisit l'Exposition coloniale. II est un des derniers à quitter les Archives de la Planète menacées par la ruine d'Albert Kahn en 1932. Il collabore ensuite au journal L'Illustration et réalise des cartes postales pour Yvon. Il meurt à Paris, célibataire, en 1954 et est inhumé à Saint-Quentin, comme ses parents.

Musée départemental Albert-Khan


GAIN, Gustave
1876, Cherbourg (Manche) - 1945, lieu de décès non identifié

Gustave Gain est aujourd'hui connu grâce à ses exceptionnels talents d'autochromiste. Amateur éclairé, il pratique très tôt la photographie et adhère à la SFP au début du siècle. Brillant étudiant en chimie, reçu Docteur Es-Sciences, il obtient un poste d'enseignant chercheur au Muséum national d'histoire naturelle de Paris. Tout naturellement, il se passionne pour les évolutions techniques liées à la photographie. Il réalise ses premiers autochromes dès 1909, témoignage de sa Normandie natale : paysages, voiliers, marines, scènes de genre. Scientifique ! mais aussi authentique artiste de cette couleur sensible comme l'atteste ses natures mortes, ses fleurs, ses portraits de famille, ses contre-jour.
Au printemps 1914, accompagné de son frère Louis, il se rend au Turkestan, en mission de prospection pour repérer des gisements d'uranium afin d'alimenter le laboratoire de Marie Curie. Au cours de ce séjour, il rapporte de magnifiques clichés de paysages des montagnes du Pamir et des populations qu'il rencontre.

Archives départementales de la Manche


GAIN, Louis
1883, Mortain (Manche) - 1963, lieu de décès non identifié

Son frère cadet, Louis, entame une carrière de naturaliste au Muséum d'histoire naturelle. Mais son désir de parcourir le monde l'amène à embarquer en 1908, aux côtés de son beau-frère, Jules Rouch, à bord du Pourquoi Pas ? Le comandant Charcot le charge des collections de botanique et de zoologie. À son retour il soutient sa thèse et est reçu Docteur Es-Sciences. Entre 1911 et 1914, il participe aux expéditions océanographiques australiantablets.com organisées par le Prince Albert 1er de Monaco au large des côtes d'Afrique occidentale. Formé par son frère à l'autochromie, il réalise une très riche collection, autochromes, vues stéréoscopiques, plaques de verre, illustrent l'épopée de ce voyageur de l'impossible.
La famille Gain-Rouch donnera pas moins de cinq explorateurs, outre, les frères Gain et Jules Rouch, citons André Gain (1907-1940), fils de Louis, qui vécut en Polynésie en 1936-1937 et le cinéaste et ethnologue, Jean Rouch, spécialiste de l'Afrique noire.

Muséum nationale d'histoire naturelle - MNHN


GERVAIS-COURTELLEMONT, Jules-Claudin
1er juillet 1863, Avon (Seine et Marne)‏ - 31 octobre 1931, Coutevroult (Seine et Marne)‏

Photographe, photo-collographiste, éditeur, auteur, et surtout explorateur et conférencier, Jules Gervais-Courtellemont, né en région parisienne en 1863, pratique la photographie à partir des années 1880 au c?ur des plaines Algériennes qui l'accueillent dès son adolescence.
De cet environnement il tire une fascination pour l'Islam, qui le pousse à sillonner les terres conservant les traces de la civilisation musulmane. A vingt ans il parcours l'Andalousie puis circonvolutionne autour du bassin méditerranéen. Voyageant d'Alger à Constantinople, il essaiera sa vie durant, d'assouvir la soif de connaissance qui l'anime.
Toujours en compagnie de son matériel de prises de vues, il constitue une incomparable collection de photographies, noir et blanc, puis en couleur puisqu'il adopte définitivement le procédé Autochrome des Lumière dès sa commercialisation en 1907.
Collaborateur de nombreuses revues tels L'Illustration, Le journal des Voyages, Le Journal des Débats ou encore The National Géographic, il publie quelques 3 000 images issues de ses voyages. Mais surtout, ses clichés lui servent à l'illustration des nombreuses conférences qui lui apportent renommée et reconnaissance de son vivant.

Cinémathèque Robert-Lynen, mairie de Paris
Musée départemental Albert-Kahn
Société française de photographie - SFP


GIMPEL, Léon-Victor
13 mai 1873, Strasbourg (Bas-Rhin) - 1948, Sévignacq-Meyracq (Pyrénées-Atlantiques)

Amateur photographe, Léon Gimpel est un collaborateur d'exception de l'Illustration de 1897 à 1932. Cette rencontre avec la presse illustrée va le propulser au rang des tout grands photo-reporter. Il découvre l'autochrome dès sa mise au point et n'en sera pas qu'un simple praticien. Il organise dans les locaux de l'Illustration, en juin 1907, une projection du nouveau procédé couleur de la maison Lumière. Aidé par Fernand Monpillard, ces premiers travaux sur l'amélioration de la sensibilité des plaques lui permettent de réaliser « l'ultra-sensibilisation » des autochromes et d'obtenir des instantanés couleur. Gimpel utilise ces plaques pour réaliser des vues de nuit. Particulièrement, pour fixer dans la fécule de pomme de terre, la Tour Eiffel, ou les façades des cinémas parisiens illuminées au gaz néon. Cette activité éclaire une autre facette de son grand talent. Vulgarisateur scientifique, aéronaute, il réalise de nombreuses vues prises en ballon, ou d'avions lors de meeting aériens. Il photographie une éclipse de Lune le 3 mai 1920 sur plaque autochrome. Il s'adonne au photo-montage, à la surimpression ; il est également un spécialiste de la vue de « plongée ». Son ?uvre est pleine de surprises, de naturel, de spontanéité, il semble que, à l'image de Louis Lumière, cet homme se soit amusé toute sa vie.

Société française de photographie - SFP