Autochromes Lumière

Index des photographes

LARTIGUE, Jacques-Henri
13 juin 1894, Courbevoie (Hauts-de-Seine) - 12 septembre 1986, Nice (Alpes-Maritimes)

Son père lui offre dès l'âge de sept ans son premier appareil photographique qu'il utilise instinctivement. Il entreprend d'écrire son "journal" qu'il continuera toute sa vie.
A partir de 1904, il photographie aussi bien les expériences d'enfants et jeux familiaux que les débuts de l'aviation, les nouvelles automobiles, les manifestations sportives, les loisirs et divertissements. Les belles dames du Bois de Boulogne sont également l'un de ses sujets de prédilection. De 1912 à 1927 il pratique la photographie autochrome. En 1915, il fréquente l'Académie de peinture Julian. La peinture devient et restera son activité professionnelle, il expose dans plusieurs salons à Paris et dans le midi de la France. En 1919, il épouse Madeleine Messager, surnommée « Bibi ». Il fait la connaissance de nombreux artistes, gens de lettres et du spectacle dont Picasso, Van Dongen, Sacha Guitry. Passionné par le cinéma, il photographie les tournages de plusieurs films de Jacques Feyder, Abel Gance, Robert Bresson, Federico Fellini. En 1942, il rencontre Florette Orméa qu'il épousera en 1945, et qui restera sa compagne pendant près de cinquante ans. C'est en 1963 qu'il est consacré comme photographe suite à l'exposition du Museum of Modern Art de New York, et à la parution d'un grand article dans Life. En 1974, Valéry Giscard d'Estaing lui confiera le soin de réaliser la photographie officielle de son septennat. L'exposition " Lartigue 8 X 80 " présentée en 1975 au musée des Arts décoratifs constitue la première rétrospective française de son œuvre. Il ajoute le prénom de son père à son nom en et devient Jacques Henri Lartigue.

Donation Jacques Henri Lartigue


LÉON, Auguste
1857, lieu de naissance non identifié - 1942, lieu de décès non identifié

Auguste Léon exerce d'abord à Bordeaux le métier de photographe. En 1906, il vend son affaire et monte à Paris. C'est le premier opérateur professionnel recruté par Albert Kahn en 1909. Ses premiers documents enregistrés datent de juin 1909 (ce sont des noir et blanc 9 x 12 cm des châteaux de la Loire) puis il accompagne Kahn en Amérique du sud à l'été1909. Il y prend de nombreux clichés stéréoscopiques noir et blanc et s'essaie aussi à la récente plaque autochrome 9 x 12 cm. En 1910, il part avec son employeur en Scandinavie et prend un grand nombre d'autochromes (et toujours des stéréoscopies noir et blanc). Ses missions pour les « Archives de la Planète » le conduisent ensuite dans d'autres pays européens, en Turquie, en Égypte. Il réalise aussi des missions en France et photographie les  propriétés d'Albert Kahn à Boulogne et au Cap Martin sur la Côte d'Azur. Il fait aussi dans le studio du laboratoire de Boulogne le portrait de nombreuses personnalités en relation avec Albert  Kahn. Il gère en outre le laboratoire à partir de 1919. Très lié à Chevalier, il vit en  bordure de la propriété Kahn.

Musée départemental Albert-Kahn

LETULLE, Maurice
19 mars 1853, Mortagne (Orne) - 1er janvier 1929, Paris 16e

Phtisiologue et clinicien de renom, élève de Vulpain, Maurice Letulle est également un neurologue reconnu. Il est reçu médecin des hôpitaux de Paris en 1883 et se spécialise très tôt en anatomie pathologique. Il exerce à Boucicaut de 1897 à 1919.
Il étudie la sclérose pulmonaire et la syphilis des artères et du coeur. Son action contre la tuberculeuse est importante. Sa première fondation est celle de l'oeuvre des jeunes filles de Pontchartin où il envoie ses patientes atteintes de tuberculose. Avec Bourgeois et Strauss, il crée des dispensaires antituberculeux à Paris et dans sa région. Il vulgarise l'emploi du crachoir, crée des espaces libres dans l'agglomération parisienne, préfigurant les squares parisiens pour enfants.
Agrégé, il assure des cours d'anatomie pathologique à Saint-Antoine puis à Boucicaut avant d'enseigner cette discipline à la Faculté de Médecine à partir de 1917. En 1908, il entre à l'Académie de Médecine. Commandeur de la Légion d'Honneur, il décède à Paris XVIe le 1er janvier 1929.
Il laisse de nombreuses publications, résultats de ses recherches dont la tuberculose pleuro-pulmonaire, premier livre d'anatomie pathologique illustré de planches autochromes (1916).

Assistance publique - Hôpitaux de Paris

LUMIERE, la famille
La pratique de la photographie des couleurs au sein de la famille Lumière est une forme d'expression artistique qui engendra portraits de famille, natures mortes et paysages. L'étude de plus de cinq cents plaques autochromes conservées auprès des descendants Lumière, lève un voile sur les auteurs de ces images.

Qui se cache derrière l'objectif ?
Les six enfants d'Antoine et Joséphine Lumière ont appris la photographie auprès de leur père. A peine âgés de dix ans, les frères Lumière immortalisaient les vacanciers de Saint-Enogat puis développaient leurs clichés au fond de la grotte de la Goule-aux-fées (Ille-et-Vilaine). Leurs soeurs et frères cadets ne pouvaient échapper à cette même éducation. Devenus parents, ils font de leurs enfants leurs principaux sujets. Composés de portraits, de natures mortes et de repas en famille, les clichés sont particulièrement nombreux vers 1913. Les modèles sont les enfants nés entre 1894 et 1907. Littéralement mitraillés par leurs parents, Madeleine Koehler affirmait que, pour échapper au fusil photographique de sa mère, elle avait pris l'habitude d'aller se cacher dans les toilettes ; révélation autant surprenante qu'authentique. Yvonne Lumière, confirmait qu'il fallait ne pas bouger pendant un quart d'heure, pour se faire tirer le portrait en photo-stéréo-synthèse. D'autres témoignages des enfants Lumière laissent entrevoir l'usage assidu de la photographie par leurs mères. Ainsi, tous avaient en horreur la simple vue d'un appareil photographique. L'idée d'être figé une nouvelle fois dans la gélatine les exaspérait. Cause principale de cette aversion, le souvenir des heures perdues lors d'interminables temps de poses pour obtenir un autochrome non flouté. De plus, le cliché étant unique, il est commun de pratiquer plusieurs portraits, un pour chaque parent, pour de ne froisser personne.

Louis Lumière s'intéresse plus à la découverte qu'à sa pratique
Quant à l'inventeur du procédé, il semble très tôt abandonner la pratique de l'autochrome. Caractéristique de son comportement face à ses découvertes, de ce plaisir a apporter des améliorations, puis une solution définitive aux problèmes techniques de son temps. Ainsi passe-t-il de la plaque au gélatino bromure d'argent à l'Etiquette bleue ; de la chronophotographie au Cinématographe ; de la photographie des couleurs à l'Autochrome. Il réalise ces premiers essais dans son laboratoire de recherches. Une fois la plaque autochrome mise sur le marché, Louis Lumière abandonne à d'autres, l'essor de son innovation. Pendant la Grande Guerre, le manque de matières premières, la réquisition des usines et le rôle actif à la fois médical et militaire de la famille Lumière, expliquent qu'il n'existe aucun témoignage de cette période. En 1918, une reprise partielle de l'activité photographique est à noter. Jeanne, Rose, Juliette n'apparaissent que rarement sur les clichés car elles en sont les auteurs. Puis, avec la disparition précoce des soeurs et de l'épouse de Louis Lumière entre 1924 et 1926 les clichés autochromes se raréfient. La pratique de la photographie semble toute féminine chez les Lumière, pour une raison simple, les hommes n'en n'ont que rarement le temps. Après 1926, et ce jusqu'en 1939, un autre type de clichés fait son apparition dans la famille : l'Autochrome Officiel. Louis Lumière en académicien, Louis Lumière posant avec ses trois petits-enfants, Louis Lumière de face, de profil, René Koehler en professeur d'université.

Collections particulières
Institut Lumière