Autochromes Lumière

La production en série de l'Étiquette bleue

Dès 1889, l'usine produit quotidiennement 1500 douzaines de plaques 13 x 18 cm - ou leur équivalence en surface. On sait qu'en réalité l'Étiquette bleue est commercialisée en 28 formats qui vont du 6 x 8 cm au 50 x 60 cm.

En 1890, l'usine fabrique dorénavant 350.000 douzaines de plaques. Les Lumière continuent d'acheter les terrains avoisinants l'usine et qui ont été morcelés par le prolongement du cours Gambetta. Ils construisent de nouveaux ateliers, toujours sans étage avec des dalles en ciment ou du bitume sur le sol. Les laboratoires sont obscurs, recouverts de vernis noir sur toutes les parois et éclairés par des lanternes vertes, (couleur préférée au rouge qui provoquait des troubles visuels aux ouvrières) pour ne pas voiler les surfaces sensibles en cours de traitement. Des recherches effectuées gracieusement par les archives municipales de Lyon ont permis de retrouver pour la période 1903-1925, 34 demandes de permis de construire pour les usines Lumière. L'examen de ces permis permet de voir que ces « usines » sont d'abord de simples hangars que le génie des deux Frères transforme en les « robotisant ».

En 1892, on inaugure l'atelier de fabrication des papiers sensibilisés au citrate et au gélatino-bromure d'argent. Ces papiers vont connaître un grand succès auprès des amateurs et des professionnels.

C'est en septembre 1899 qu'Antoine Lumière fait construire sa villa à l'angle de la rue Saint-Victor et de la place Ambroise Courtois, sur les plans des architectes Alex et Boucher. Cette imposante maison de maître contiguë aux usines Lumière, comprend, outre trois étages, un atelier d'artiste, un jardin d'hiver et plusieurs terrasses. Le «Château Lumière» sera livré en 1901. L'ensemble de l'édifice est inscrit en 1986 à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, et accueille, depuis 1982, le siège de l'Institut Lumière. Le hangar du premier film a bénéficié d'une mesure de classement en 1994.

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