Autochromes Lumière

Les peintures rupestres d'Henri Breuil

L'abbé Breuil et les peintures schématiques espagnoles
Contrairement à l'art des grottes ornées, les peintures schématiques espagnoles sont offertes au grand jour, mais elles ne sont bien souvent accessibles qu'au fond de vallées encaissées et sauvages où en ce début de XXe siècle seuls bergers et troupeaux s'aventurent. À cheval de 8 heures à 19 heures, accompagné de ses muletiers et guidé par un réseau d'informateurs locaux, le préhistorien Henri Breuil sillonne pendant des mois les campagnes. En 1919, il calculera avoir déjà passé en Espagne plus de 56 mois depuis 1902. Il cherche et découvre, au détour d'abris sous roche parfois à peine esquissés et ouverts aux intempéries, une foule de dessins étranges. Au total, 267 roches sont ainsi étudiées : 90 en Estrémadure, 76 dans la province de Cadiz, 48 en Sierra Morena, 22 dans la province d'Almeria, 13 dans celle de Salamanca, 4 dans celle de Malaga, 4 dans celle de Murcie et 2 dans celle de Grenade. Complexes et mystérieuses, ces figures se superposent à toutes les autres (en Estrémadure il déterminera une superposition de douze niveaux picturaux). Elles se présentent, sur les plaques autochromes, essentiellement sous la forme de panneaux composés de signes. Se distinguent notamment des signes de types linéaires, des motifs géométriques complexes, parfois des figures anthropomorphes (personnages en Φ) et quelques animaux. Dans cet art, aujourd'hui rapporté à la fin du Néolithique, Breuil voudra voir, si ce n'est pas encore l'écriture, « tout au moins "la page avant celle-ci" ».

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