Autochromes Lumière

Jules Gervais Courtellemont, explorateur-conférencier

"Un voyageur très audacieux, qui est en même temps un photographe très artiste, M. Gervais-Courtellemont, a rapporté une inappréciable collection de clichés en couleurs, de ces pays d'Orient qu'il a si souvent parcourus. La merveilleuse invention de deux savants français, les frères Lumière, lui permet de faire défiler sous nos yeux toutes les splendeurs de ces pays féeriques.[...] On lui doit cette finesse, cette douceur et cette perfection des images qui ne se trouvent que là et constituent un véritable régal artistique." Extrait du programme de la séance  des Visions d'Orient du 19 janvier 1909

Autochromiste de la première heure, Jules Gervais-Courtellemont (1863-1931) adopte définitivement  l'Autochrome Lumière dès sa commercialisation en juin 1907.
Avec Léon Gimpel, il partage la même pratique professionnelle de la photographie. Plus de 3 000 de ses images seront publiées de son vivant dans la presse illustrée. En outre, l'un et l'autre se livrent à des recherches expérimentales sur les problèmes que posent la technique de l'autochrome, comme l'hypersensibilisation des plaques ou leur reproduction par contact. Toutefois son travail photographique se rapprochant davantage de l'entreprise des Archives de la Planète, initiée par le financier philanthrope Albert Kahn, le fera s'orienter vers un mode de diffusion plus adapté à son propos.

Les Projections Conférences
1895 marque une étape décisive dans l'usage que Gervais-Courtellemont fait de la photographie. Cette année-là, il inaugure un nouveau dispositif pour la présentation de son travail : il s'approprie la formule traditionnelle de la conférence illustrée, accompagnant de toute la verve de ses commentaires les photographies prises lors de ses voyages. Fort de sa connaissance intime de l'Orient et  de la culture arabe (rappelons qu'il se convertit à la religion musulmane vers 1894), il se donne pour mission de rapporter clichés et observations, fruits de ses explorations en Terres d'Islam. Son ambition est de soumettre au regard de ses compatriotes français le résultat de ses recherches pour leur faire découvrir « cet ailleurs » qui leur est inconnu. Avec l'image projetée, la projection-conférence lui apparaît comme un outil parfaitement adapté à son propos.
Gervais-Courtellemont s'adresse aussi bien aux sociétés savantes avec des thèmes comme : Voyage à La Mecque (1895), Le Monde Musulman, Le Yunnan et le Tibet oriental, qu'aux amateurs de spectacles visuels. Mais c'est avec l'émerveillement provoqué par ses projections d'autochromes qu'il acquiert une renommée auprès du grand public.

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